Ciao Bella de Serena Giuliano

Ciao Bella

Il était une rencontre

Voilà, j’ai encore cédé à un coup d’un soir ! En ce moment, les livres se succèdent au rythme de un par jour. Mais là, waouh, c’était puissant ! J’avais croisé plusieurs fois le livre sur les réseaux sociaux, j’avais lu des avis mitigés, j’ai résisté en le voyant dans la sélection de l’été chez Cultura puis je me suis finalement laissée tenter en le trouvant sur les rayons de la bibliothèque. On s’est rencontrés vers 22h00 et on s’est quittés vers 2h30 du matin. Entre temps, des rires, de l’émotion, un échange de souvenirs communs. Lorsque j’ai fermé la dernière page, j’ai eu l’impression de quitter une vieille connaissance que je n’avais pas vue depuis longtemps. J’étais tellement bouleversée que j’en ai eu du mal à m’endormir malgré l’heure tardive.

Le résumé

Voilà l’histoire :

Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.

Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de sa vie. L’occasion aussi, pour elle, de se replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie. C’est toute l’histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux.

À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

Mon avis

Par où commencer ? Des sensations sûrement, une série de curieuses coïncidences. Une histoire qui commence le jour de la naissance de ma Bisnonna à moi, ma Mémé, comme le dit Anna. L’histoire d’un personnage qui me rappelle à de nombreux égards la mienne. Mes vacances d’adolescente dans le Sud de l’Italie. La rencontre d’un amoureux étranger, un 13 aussi (mais pas un vendredi), la cohabitation de deux cultures. Cette volonté de trouver une exutoire dans l’écriture d’un blog avec le passage à la trentaine…

Ce matin, j’ai comme une méchante gueule de bois littéraire après cette nuit à rire et à pleurer. Parce que clairement, je ne m’étais pas pris une claque émotionnelle pareille en lisant un livre depuis Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi. J’ai appris en lisant le bouquin et les remerciements qu’elles sont bien copines toutes les deux. Je les soupçonne d’organiser des réunions Tupperware secrètes où elles s’échangent des secrets pour transformer de jeunes mères de familles respectables en pandas dégoulinants et reniflants jouant de la trompette avec leurs kleenex de la façon la plus stonnata qu’il soit (désolée pour l’italianisme mais c’est le seul mot français qui me vienne, dysharmonieuse, ferait trop pompeux…).

Bref voilà, j’ai encore perdu toute dignité en lisant un livre… Dieu merci ! WanderlustDad dormait déjà à l’heure à laquelle le drame est arrivé. Sinon, il se serait encore allègrement moqué de ma faculté à m’identifier tellement aux personnages que j’ai l’impression qu’ils font partie de ma famille ou qu’ils représentent une partie de moi. Il adore ça, traquer la première larme et éclater de rire en me traitant de ciotaredda, (comment le traduire celui-ci ? nounouille peut-être ?)

Ce matin, Georgette, la macchinetta (ça fait pas un peu titre de livre de la série pour enfants Les drôles de petites bêtes ?), ma cafetière italienne est mon amie… Et oui, certains trouvent raffiné de boire un café avec George, ses capsules qui coûtent un bras, et son What Else so sexy… Moi je préfère le boire avec Georgette, ses rondeurs, son petit bruit inimitable. Malgré son grand âge, rien ne pourrait remplacer l’odeur de son ristretto qui emplit la maison. Je repense avec nostalgie à ses vacances en Italie qui rythme mes étés depuis 25 ans maintenant, à ma belle-mère qui trouve toujours ses petits fils sciupati trop maigres à son goût, au caffè con la schiuma de Zia M., à Nonna A., son chignon et son sacré caractère, à Nonna M. qui nous délectait des histoires de sa jeunesse depuis sa chaise en plastique et parlait un dialecte tellement ancien que la comprendre était un défi digne des jeux olympiques lancé à mon italien scolaire, aux vecchiette d’Orsomarso, notre village d’adoption en Calabre, qui malgré le fait que j’y revienne tous les étés depuis une dizaine d’années, finissent toujours par céder à la curiosité, après m’avoir longuement observer et me demandent quand elles me croisent dans les ruelles du village « A cu’ si figghia ? » (De qui est tu la fille ?) ou « A cui appartenese ? » (À quelle famille tu appartiens ?) m’obligeant à remonter à la troisième génération de l’arbre généalogique de mon mari pour leur permettre de me raccrocher à une branche. À B. la voisine de ma belle-mère qui a développé des techniques de renseignements dignes de la Madame Raspail du sketch de Patrick Bosso et à tant d’autres.

En écrivant ses lignes, l’odeur de la pasta al forno du dimanche qui emplie les vanedde, les ruelles si serrées du village que seuls les humains et les ânes y passent, et les images des processions de la Santa Anna, patronne du village me revienne en mémoire. Anna, comme l’héroïne du livre… À Giulia, la soeur de l’héroïne qui porte le nom que j’aurais aimé donner à ma fille si j’en avais eu une… Hasards ou coïncidences, avec Ciao Bella, nous étions fait pour nous rencontrer.

Je vais m’arrêter là parce que je pourrais continuer à en parler encore des heures et je finirai par te spoiler le bouquin. Comme tu le sais peut-être, pour des raisons liées à notre envie de devenir minimalistes j’achète peu de livres pour moi, et j’en garde encore moins. Je pense cependant que Ciao Bella, fera partie des bouquins que j’offrirai avec plaisir et des rares livres que je finirai par acheter, mais pas tout de suite…

Lire ce livre en français, a été comme une délicieuse madeleine de Proust, mais il m’a manqué, la musique, la langue de Dante et la sonorité si particulière du dialecte napolitain, qui ponctue nos étés depuis 25 ans. Alors je l’achèterai, pour le relire, et perdre une nouvelle fois ma dignité, (tu me diras, on est plus à ça près…) le jour où une maison d’édition italienne offrira à Serena Giuliano le plaisir de déclarer son amour à sa Campanie natale dans la langue de ses origines. Affaire à suivre !!!

Serena, Grazie di cuore per questo bellissimo viaggio !

J’espère t’avoir donné envie de découvrir cette petite pépite. Et si tu l’as lu, n’hésite pas à laisser un commentaire pour me dire ce que tu en as pensé ?

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À bientôt 😉

8 Comments on “Ciao Bella de Serena Giuliano”

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