La théorie des poignées de mains – Fabienne Betting

Avec cet article s’ouvre une nouvelle catégorie du blog, Collaborations et partenariats. Je tenais donc avant toutes choses à remercier les éditions les Escales de m’avoir fait confiance pour chroniquer ce roman dans le cadre de mon inscription sur NetGalley.

Il était une rencontre

Si tu suis nos aventures, tu sais que j’adore lire et voyager. Si j’ai la possibilité de lier l’un à l’autre, je signe tout de suite. Je n’avais pas encore entendu parler de ce roman, sorti au mois de mai dernier. Cependant, je n’ai pu résister devant cette jolie couverture remplie de visas et ce résumé qui promettait de m’emmener au quatre coins du monde. J’ai sauté le pas et cédé à une rencontre livresque sur internet et délaissé pour une fois mon bien aimé livre papier.

L’histoire

Jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour valider une théorie ? Voilà la question à laquelle Antoine Cavallero, doctorant en mathématiques étudiant la théorie des six degrés de séparation, se retrouve contraint de répondre suite à son intervention au congrès scientifique de Corfou. Mis au défi par un professeur aussi peu sympathique que reconnu de prouver les premiers résultats de sa recherche. Le voilà obligé d’enquêter sur un illustre inconnu dont il ne dispose que du nom, de la date et du lieu de naissance et découvrir quels sont les six degrés de séparation qui les séparent. Pour cela, il ne dispose que de trois mois pour mener à bien cette mission et présenter des résultats concrets devant la communauté scientifique lors d’un congrès organisé par la Société des Sciences des Réseaux. Pour relever le défi, Facebook, Twitter et consorts lui seront interdits, les relations virtuelles ne seront pas admises. Il va devoir se confronter au monde et à la vraie vie. Mission impossible ?

Mon avis

« Le monde est petit ! »

Non ! Ce ne sont pas les paroles de la merveilleuse chanson qui entre dans ta tête à chaque fois que tu vas chez la souris à grandes oreilles et dont tu mets des jours à te débarrasser. Cette phrase, que j’ai encore prononcée pas plus tard que ce matin est le postulat de départ de ce roman inspiré de la théorie de la Chaîne de Frigyes Karinthy, à ce jour jamais prouvée scientifiquement.

On y suit donc les pérégrinations d’Antoine, héros malgré lui, joyeux mélange de Phileas Fogg et Sherlock Holmes des temps modernes, un poil Gaston Lagaffe à ses heures, sommé pour préserver sa crédibilité scientifique de relever une mission (presque) impossible… Je n’avais pas prévu de passer mon après-midi à lire mais je me suis bien vite retrouvée embarquée dans son aventure au point que je n’ai pu décrocher avant d’en connaître le fin mot. J’ai volontiers partagé ses rencontres, ses avancées, ses doutes, ses espoirs, ses remises en questions, ses déceptions jusqu’à la présentation finale. J’ai décollé et atterri autant de fois que lui. J’ai tellement voyagé en une après-midi que j’en ai presque le jetlag alors que je n’ai pas bougé de ma chaise longue.

Les personnages secondaires qui l’aident à reconstituer ce puzzle planétaire sont tout aussi attachants. On se découvre une tendresse particulière pour cet inconnu dont l’histoire se réécrit peu à peu sous nos yeux, celles qui l’ont recueilli et ses amis d’enfance perdus de vue. On en vient à détester cordialement le professeur Metelet – à l’origine du défi – et son côté Moriarty. Tout comme Pauline, mi Mademoiselle Jeanne mi Docteur Watson, on se plait à rechercher qui pourrait bien être à l’origine du bad buzz qui entoure son enquête et qui menace la crédibilité scientifique naissante d’Antoine. On n’a qu’une seule hâte qu’il soit bien vite lavé de tout soupçons.

Au fil des pages, l’aventure humaine et les petites histoires qui accompagnent la grande Histoire prennent le pas sur le pari scientifique, conduisant le jeune étudiant, qui jusque là, n’avait jamais quitté l’Europe, à voyager dans le temps et à faire des rencontres qui vont considérablement modifier son regard sur le monde qui l’entoure.

Le style est léger, rythmé, scientifique sans être trop technique. On tourne les pages aussi vite qu’Antoine saute d’avion en avion et sans que l’on s’en rende compte, c’est déjà terminé.

Fabienne Betting réussit donc le pari dans un roman de moins de 200 pages au sujet pour le moins original de nous faire voyager aux quatre coins du monde sur fond de guerre du Vietnam, de protestations pacifiques, de problématiques écologiques et d’enjeux scientifiques aussi actuels que les dynamiques de réseaux, la vitesse de propagation des informations, le big data et les fake news. Loin de s’en tenir au monde virtuel, il pose aussi la question cruciale des implications humaines de la théorie des six degrés si un jour elle venait à être prouvée scientifiquement.

Une découverte fort agréable qui me confirme qu’en ce moment, en matière de lectures, les rencontres fortuites sont les plus délicieuses.

J’espère que cette chronique t’a plu et qu’elle t’aura donné envie de découvrir à ton tour La théorie des poignées de mains.

À bientôt 😉

6 Comments on “La théorie des poignées de mains – Fabienne Betting”

  1. Ping : C’est lundi que lisez-vous ? #13 – my wanderlust family

  2. Ping : La théorie des poignées de main, de Fabienne Betting – Les voyages de K

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :