Le zéro déchet en voyage : mission impossible ?

Meuh non, tu penses bien… Sinon, je ne me lancerais pas dans la rédaction d’un article sur le sujet… Bon, c’est un peu facile et je surfe sur la vague de l’actualité, puisque cette semaine, c’est la semaine européenne de la réduction des déchets… (Même si je t’avoue que chez nous, cette semaine, n’a rien de bien exceptionnel puisque nous travaillons à réduire nos déchets toute l’année). Les copines de Wikids l’ont aussi mis à l’honneur dans leur feed Instagram et sur leur page Facebook. Aussi dans cet article, je te propose un petit point rapide, sur ce qu’est le Zéro Déchet (ou ZD pour les intimes), quelques bouquins pour t’aider à te lancer, ensuite des pistes pour réduire tes déchets en voyages.

Le zéro déchet : Kesako ?

Certains parleront de mode, d’autre de mode de vie… J’ai plutôt envie de me placer dans le deuxième camp. Concrètement adopter un mode de vie Zéro Déchet, ou en tous cas y tendre, revient à repenser son mode de consommation pour éviter de produire des déchets… Tu as peut-être vu passer à la télévision ou sur les réseaux sociaux Béa Johnson, cette franco américaine, ambassadrice, mondiale du zéro déchet (zero waste en anglais) qui arrive à faire tenir les déchets de toute une année pour une famille de 4 personnes dans un bocal Le Parfait d’un litre. Bien sûr, tout le monde n’en est pas là. Rome ne s’est pas faite en un jour et pour se lancer dans le zéro déchet, en famille rien de mieux que la technique des petits pas. Mais commment faire ?

Les 5 R

La philosophie du zéro déchet peut se résumer facilement au travers de 5 verbes d’actions : refuser, réduire, recycler, réutiliser et redonner à la terre.

Source zero waste Paris
Refuser
Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Nous avons eu la chance, quand elle est passée en France d’assister à une conférence de Béa Johnson. L’une des premières idées de son intervention était la suivante : en tant que consommateur, votre bulletin de vote est dans votre porte-feuille, c’est votre carte bleue. Acheter c’est voter. Acheter c’est cautionner plus ou moins sciemment les valeurs d’un système.

En refusant, les objets à usage unique (pailles, coton tiges, gobelets et bouteilles en plastiques…), on envoie un message, qui commence à être entendu.

En refusant ce dont on n’a pas besoin, même ce que l’on nous propose gratuitement (les articles publicitaires, les jouets du MacDo, les cadeaux d’entreprises qui finissent toujours dans le fameux carton à bazar que l’on a tous à la maison et dont on ne sait quoi faire, les cartes de visites de l’entreprise X ou Y qui sont sur le frigo alors que l’on trouve leurs coordonnées sur le net…), on interroge aussi sur la nécessité de commander en si grande quantité des gadgets publicitaires. C’est le fameux B de la méthode BISOU, proposée par Marie Duboin et Herveline Verbeken Giraudeau dans J’arrête de surconsommer et sur le groupe Facebook Gestion budgétaire entraide et minimalime (GBEM pour les intimes).

En refusant d’acheter des objets non valorisables, en faisant le choix d’investir dans des objets durables, on lance aussi un message à l’encontre de l’obsolescence programmée et de la qualité des marchandises proposées sur le marché, des conditions de productions…

Réduire
Photo de Daria Shevtsova sur Pexels.com

Quand on parle de réduction, ici, on peut l’envisager sous deux facettes. La réduction des déchets et la réduction de la consommation. Alors clairement, bien entendu, il est hors de question de se mettre à l’eau et au pain sec pour sauver la planète et d’aller vivre dans une grotte sans eau courante ni électricité, mais on peut avoir ce principe à l’esprit avant de remplir son chariot ou de dégainer sa carte de crédit. Comment réduire ses déchets ?

  • Eviter les packs XL et les produits sur-emballés
  • Réduire le gaspillage alimentaire en faisant ses menus à la semaine
  • Reprendre la main sur ce que l’on mange en achetant davantage de produits bruts dans des circuits courts
  • Acheter en vrac, les petits épiceries se multiplient et les grandes surfaces ont bien compris l’intérêt du vrac et le proposent de plus en plus
  • Faire de petites courses plus souvent plutôt que des grandes
Réutiliser
Photo de Taryn Elliott sur Pexels.com

Celui-là c’est mon chouchou, surtout à l’approche du Black Friday qui chaque année, pollue ma boite mail et mes oreilles quand j’écoute la radio. Les chiffres sont formels, en terme de gaspillage, il faut clairement que l’on se ressaisisse. Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. Aussi, notre premier réflexe, avant de nous lancer dans l’achat d’un produit neuf et de voir si on ne peut pas le trouver en location ou d’occasion en bon état et de faire fonctionner l’économie circulaire. Voilà donc quelques pistes :

  • Pour un besoin ponctuel, penser à demander aux proches
  • Utiliser les groupes locaux de Facebook, c’est une excellente façon de rencontrer des voisins
  • Se lever tôt le dimanche matin et chiner dans les brocantes
  • Utiliser le réseau des bibliothèques et les boites à livres
  • Passer par des sites de vente entre particuliers (inutile de les citer, tu les connais déjà sûrement)
  • Passer par les sites et les boutiques qui proposent des produits reconditionnés et sous garantie
Recycler / Réparer
Photo de Pixabay sur Pexels.com

J’aimerais faire à ce stade de l’article une minute de silence pour mon pauvre jean préféré qui a rendu l’âme dans la semaine… Je vous promets qu’il n’a pas souffert. Après moult reprisages et réparations, il était définitivement en fin de vie de sa vie de pantalon, les soins palliatifs ne servent plus à rien à ce stade. Il est mort… Mais comme les chats, il peut avoir 9 vies si on veut avant de terminer en torchon ou en tissu pour essuyer les pinceaux. Je vais aller faire un tour sur le net pour chercher quelques tutos de créations pour savoir quoi en faire…

Ici, dans ce pilier, il s’agit de faire fonctionner tes petites menottes, ou, si tu ne te sens pas de faire travailler ceux qui savent le faire.

Faire travailler ton cordonnier, ta couturière ou le réparateur d’électroménager te coûtera souvent moins cher que d’acheter une nouvelle paire de chaussures, une nouvelle chemise, ou un nouveau lave-vaisselle.

Rendre à la terre
Photo de Eva Elijas sur Pexels.com

Il suffit d’un petite balade dans la forêt pour voir que ce que l’on rend à la terre, n’est pas toujours joli joli et qu’elle frise franchement l’indigestion.

Une fois que tu auras refusé, réduit, réutilisé, recyclé / réparé, normalement, il ne te reste plus que tes déchets alimentaires à rendre à la terre. C’est l’un des points qui est encore l’un des plus compliqués à mettre en place en fonction des communes de résidence. Tout le monde n’est pas prêts à avoir un lombricomposteur sur son balcon et le ramassage des déchets verts ne s’est pas encore normalisé sur tout le territoire, mais si tu as un petit coin de verdure, tes plantes te diront merci.

Pour se lancer : quelques références

Sur le net

Tu trouveras pas mal de références, comme pour tous les sujets dont on parler beaucoup mais voilà mon top trois :

https://www.famillezerodechet.com/

https://www.zerowastefrance.org/

https://zerowastehome.com/ (en anglais, mais avec un onglet pour localiser les épiceries en vrac près de chez toi ou en voyage)

Et puis sur Pinterest et sur Facebook, il suffit de taper zéro pour voir apparaître des épingles à n’en plus finir, de la recette du dentifrice à l’organisation des courses en vrac. Un monde de tuto de cosmétiques DIY et de produits ménager sains et faits maisons s’offre à toi…

Quelques bouquins

Ceux-ci sont ceux qui m’ont aidée à me lancer. Mais si tu tapes sur la barre de recherche de Décitre Zéro déchet, tu en trouveras des tas et des tas d’autres qui envisagent le ZD, sous un angle plus théorique ou plus créatif… Tu peux regarder le Throwback thursday d’hier, il est consacré à Ze journal de la famille presque Zéro déchet

ZD et voyage

Je t’ai parlé peu parlé dans la première partie des avantages financiers de cette démarche écologique, mais dans notre famille, le passage au zéro déchets et les économies que cela a engendré ont contribué à nous permettre de réaliser plusieurs projets de voyages qui dormaient dans des tiroirs. Une fois en vacances, avoir ton kit zéro déchet te permet aussi de faire de belles économies. Je pense essentiellement en terme de réduction des bouteilles plastiques par exemple.

Quand tu as adopté des réflexes zéro déchet au quotidien, difficile de s’en défaire en vacances, même quand tu pars à l’autre bout de la terre. Avec le zéro déchet, difficile de faire du « Vacances j’oublie tout » (ne me remercie pas de t’avoir mis cette magnifique chanson en tête). C’était l’une de mes grosses interrogations quand nous sommes partis à Cuba, et tout une partie de l’article Voyager éthique à Cuba, pointait du doigt à quel point l’industrie touristique était génératrice de déchets alors que la population faisait part d’une grande créativité dans l’utilisation 5R. En effet, malgré toute notre bonne volonté, nos pailles en inox, et nos gourdes, en tant que touristes, on est un peu passés pour des originaux à ne pas vouloir laisser de souvenirs matériels de notre passage sur l’île.

Voici quelques unes de nos astuces

  • Privilégier les appartements pour pouvoir cuisiner par nous même à petit budget
  • Se balader sur les marchés : outre le fait de pouvoir trouver des denrées alimentaires en vrac, c’est un super moyen de se familiariser à la culture du pays
  • Repérer les épiceries en vrac sur le localisateur de vrac de zerowastehome ou taper « bulk » sur Google avec ta localisation
  • Privilégier les restaurants avec de vraies assiettes, nappes, couverts plutôt que des restaurants fonctionnant avec du jetable… Ça a un coût, je le sais bien, d’où le point n°1, de choisir un appartement comme lieu d’hébergement
  • Penser à prendre tes écouteurs dans l’avion et ton masque pour les yeux, si tu prends l’avion. Lors de notre voyage pour Cuba nous avions été atterrés de la quantités de déchets produits lors du voyage et de kits de voyages abandonnés à la sortie du vol et tout ça, c’est sans compter les déchets des plateaux repas…
  • Se constituer un petit kit ZD à glisser dans ton sac de voyage (tote bag ou filet à provisions, sac à vrac, couverts en bambou pour qu’ils passent à l’aéroport, gourde, pailles inox, cube ou paillettes de savon de Marseille pour la lessive, assiettes pliables et tasses pliables…)
  • Passer à la trousse de toilette solide : je pourrais être intarissable sur le sujet. J’ai essayé pas mal de produits, et commence à trouver mes chouchous, je pense avoir été déjà très longue dans cet article et je consacrerai un nouveau billet à toutes mes trouvailles.

Et toi, comment tu gères tes déchets en voyage ? Tu es déjà passé(e) au ZD ? Comment tu t’en sors ?

À très vite pour un nouvel article 😉 …

6 Comments on “Le zéro déchet en voyage : mission impossible ?”

  1. J’aurais adoré assister à la conférence 🙂
    J’aime beaucoup les produits solides au quotidien, mais ils se révèlent clairement encore plus utiles en voyage !
    Pour la réparation d’électroménager, mon père l’a toujours fait, mais de plus en plus souvent, le réparateur chez qui il va lui dit à regret d’acheter plutôt un produit neuf. Les industriels s’arrangent de plus en plus pour rendre les pièces de remplacement introuvables et quand ce n’est pas le cas, elles sont tellement chères que la réparation ne devient plus rentable.

    Aimé par 1 personne

  2. Hello !
    Merci pour ce chouette article et le clin d’oeil !
    Dans l’équipe, c’est Mylène la miss zéro déchet ! Elle m’impressionne par ses actions ! De mon côté, j’ai pris conscience, je m’améliore, on s’améliore dans la famille. Au café voisin, les filles ont des ateliers permaculture et 3 composts ont vu le jour… il y a même des poules… On ramène nos déchets organiques quotidiens depuis peu, ça fait du bien. Avant, je les enterrai dans mon ancienne maison, mais je n’avais que peu de terre… Ca a fini par grouiller de courge partout ! Bref on avance !
    Une question… Pourquoi favorises-tu la location d’un appart et préparer ton repas toi même ? Perso, je préfère manger dans les resto, les bouibouis, sur les marché plutôt qu’à la maison où j’ai plus de risque de préparer ma tambouille souvent à partir de produits exportés… car j’ai du mal à cuisiner local…
    Au plaisir d’en parler avec toi !
    De grosses bises !
    Delphine

    Aimé par 1 personne

    • Coucou,
      Ben voui je vous fais le clin d’œil, je rends à César, en l’occurrence Mylène, ce qui lui appartient 🙂

      Nous aussi on a eu des plans de courges sortis de nulle part dans le compost, on aurait dit le bidon poubelle de Wall-E.

      Pour les apparts, je t’avoue que c’est surtout une question de budget resto, parce que si tu tapes sur des restos avec de la vraie vaisselle et pas de jetable selon où tu vas ça chiffre vite… après je te l’accorde, cuisiner local c’est parfois compliqué. À Cuba, on a toujours mangé chez nos hôtes quasiment.

      Des bisous miss 🙂

      J'aime

  3. Ping : Ze journal de la famille (presque) zéro déchet, de Bénédicte Moret – Les voyages de K

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