Le temps des mitaines – Le mystère de la chambre morne de Loïc Clément et Anne Montel

Lorsque nous avons reçu le catalogue des parutions futures de Little Urban, j’ai craqué pour la couverture de ce nouveau roman à destination des 9-12 ans, sorti le 27 novembre. Nous avions déjà lu Les lapins de la couronne d’Angleterre et Maverick, Ville magique mystère et boules d’ampoules et cette nouvelle parution semblait être une rencontre toute aussi prometteuse. Je remercie donc le service presse de Little Urban de nous faire à nouveau confiance pour donner notre avis sur ce préquel de la série de BD, Le temps des mitaines, des mêmes auteurs et publiée chez Dargaud.

Quatrième de couverture

Cinq protagonistes que tout oppose vont devoir rivaliser d’ingéniosité pour sortir d’une salle de colle éternelle.

Céleste, Prosper, Angus et Nocte doivent passer un samedi entier en retenue en compagnie de Caius, la petite frappe du collège. Intimidant et agressif, ce dernier est à lui seul une bonne raison pour qualifier cette journée de « désagréable ».

Quand les élèves découvrent qu’ils sont prisonniers d’une bulle temporelle, le club des collés bascule dans le cauchemar.

Notre avis

Nous étions particulièrement impatients à l’idée de découvrir Le temps des mitaines, aussi lorsqu’il est arrivé dans la boite aux lettres, nous avons laissé en suspens tout ce que nous avions sur le feu pour découvrir ce Breakfast Club, de la Vallée des Mitaines.

On découvre donc, en ce début de samedi matin, quatre de nos protagonistes. Céleste Anternoz est une oursonne très à cheval sur la justice, l’héroïne de la série de BD. Prosper Bluth est un souriceau orphelin que la vie n’a pas épargné.

Angus Goupil est le riche héritier d’une famille de marchands d’art, souvent délaissé par ses parents qui voyagent aux quatre coins du monde, il comble sa solitude en n’ayant d’yeux que pour la science, c’est lui que l’on retrouve quelques années plus tard dans la série de romans premières lectures, Professeur Goupil des mêmes auteurs toujours chez Little Urban.

Caius Ménuss est le caïd du groupe, il ouvre ce roman en tentant de racketter à ce pauvre Prosper son petit déjeuner. Brutal, cynique et franchement désagréable, il a une fâcheuse tendance à mettre Céleste sur les nerfs et par là même d’attirer sur l’ensemble de la salle de colle, les foudres de M. Granny, le directeur de l’école.

Ils sont bientôt rejoint par Nocte Stocker, une chauve-souris au charme gothique, dont la famille fait partie de la communauté Shami (serait-ce par hasard l’anagramme de Amish ?) et vit recluse à l’extérieur de la ville, refusant la modernité.

Une salle de colle classique entre des ados classiques me direz-vous ? Et bien, non, car dans la Vallée des Mitaines, l’adolescence marque aussi l’apparition de pouvoirs magiques. Aussi, alors que le énième conflit de la matinée éclate entre Caius et ses camarades, la salle de colle devient le théâtre d’un phénomène surnaturel et se retrouve au coeur d’une anomalie quantique. Le temps se suspends à l’extérieur de la salle de colle, en faisant le théâtre d’un huis clos qui va amener les personnages à se découvrir sous un jour nouveau.

Les thématiques de harcèlement scolaire, d’abandon, de relations filles / garçons au collège, de sexisme, de séparatisme et de repli communautaire mais aussi le pouvoir de l’empathie et de la résilience sont au centre de ce roman. Elles sont traitées avec finesse, dans leur complexité sans se laisser aller à la morale ou à la mièvrerie.

Comme à notre habitude, nous avons lu cette histoire ensemble, à voix haute. Quel bonheur ! Il y avait bien longtemps que je n’avais pas rencontré de livre jeunesse aussi riche en terme de construction syntaxique et de vocabulaire. Bon, j’admets qu’il a parfois fallu traduire pour rendre l’histoire accessible aux enfants.

En effet, Loïc Montel nous livre au fil des pages une collection de jolis mots, au charme désuet et d’expressions surannées à la classe so-british dans la bouche d’Angus et d’argot fleuri dans celle de Caius. On en a fait un collier de mots précieux, histoire de briller en société.

Le suspens qui se crée au fur et à mesure des chapitres devient aussi oppressant que la bulle de la salle de colle et on n’a qu’une seule envie, savoir comme les 5 punis vont se sortir de la panade dans laquelle ils se sont fourrés.

Côté illustrations, je découvre le travail d’Anne Montel avec ce roman. La couverture avec ses 5 personnages en médaillon, ses volutes et ses graphismes dorés avait été, sur le catalogue l’un des éléments déclencheurs de notre coup de coeur pour ce roman. Une fois en mains, l’impression est confirmée. Le temps des Mitaines et un très bel objet livre. Ses illustrations à l’encre et à la plume, avec leurs airs de gravures accentuent le côté dramatique de cette bulle quantique qui se réduit au fur et à mesure que le temps passe. Elles sont un élément important du suspens qui se joue. J’ai beaucoup aimé leur finesse et leur niveau de détail et nous avons tous les trois très envie d’aller découvrir d’autres facettes de son oeuvre.

A la fin, les enfants ont retenu, une belle histoire d’amitié naissante. La nécessité de se questionner sur les motivations et les histoires personnelles qui conduisent chacun à faire les choix qui le poussent à agir. De mon côté, j’ai apprécié les multiples niveaux de lectures qui en font une roman vraiment chouette à lire en famille avec ses clins d’oeil à Dracula, à Gainsbourg, aux martyrs chrétiens de l’Empire Romain, les références aux Amish, à #metoo et autres combats féministes. Je me verrais bien en utiliser un extrait au boulot sur une séquence de vocabulaire ou l’exploiter dans le cadre de la prévention du harcèlement scolaire.

La BD ainsi que les aventures du Professeur Goupil risquent fort de rejoindre notre pile à lire dans les semaines qui viennent.

Et vous, vous l’avez lu ? Vous connaissiez déjà la BD ? Si tu as envie de te laisser tenter mais que tu hésites encore, un extrait du premier chapitre est disponible sur Little Urban.

À très bientôt 😉

6 Comments on “Le temps des mitaines – Le mystère de la chambre morne de Loïc Clément et Anne Montel”

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