La chronique des Bridgerton, tome 1 et 2 de Julia Quinn

En ce jour de Saint Valentin, j’avais envie d’une chronique littéraire qui célèbre l’amour. Il y a quelques semaines, je suis tombée sur Netflix sur la première saison de La chronique des Bridgerton. Ma wanderlustsister ne tarissant pas d’éloges sur cette série en costumes, je me suis laissée tenter. Elle n’a pas dû forcer très longtemps pour me convaincre, il faut que je te confesse un léger penchant pour les robes empires et les romans de Jane Austen. En parallèle, de nombreux participants ont mis à l’honneur les deux premiers tomes de la saga dans leurs programmes du C’est lundi que lisez-vous ? J’ai donc découvert qu’il s’agissait en fait d’une série de huit romances historiques consacrées chacune à l’un des enfants Bridgerton et dont les premiers tomes ont déjà une bonne vingtaine d’années. Aussi, après avoir allègrement bingé la série qui est une adaptation assez libre du tome 1, Daphné et le duc, j’ai couru acheter la réédition parue chez J’ai lu qui regroupe les aventures de Daphné et celles d’Anthony.

Daphné et le Duc

Résumé

À la naissance de son fils, le duc de Hastings jubilait. Hélas, l’enfant bégaie ! Affront insupportable pour le duc, qui l’a renié sans pitié. Le jeune Simon a donc grandi, solitaire et assoiffé de revanche. Après de brillantes études, il a bourlingué de par le monde jusqu’à la mort de son père, et c’est désormais porteur d’un titre prestigieux qu’il revient en Angleterre où il est assailli par une horde de mères prêtes à tout pour marier leurs filles.
Mais Simon ne s’intéresse pas aux débutantes. Sauf peut-être à Daphné Bridgerton, qu’il a rencontrée dans des circonstances cocasses. Comme Simon, elle voudrait qu’on la laisse en paix. Une idée machiavélique naît alors dans l’esprit du duc.

Mon avis

Ayant vu la série avant de découvrir le livre, je savais plus ou moins à quoi m’attendre concernant ce premier tome. Et pourtant, sa lecture m’a révélé quelques surprises. En effet, comme je te le disais dans l’introduction, certaines portions de l’intrigue sont assez différentes et les scénaristes de la série ont pris quelques libertés avec le texte original. J’ai toutefois apprécié de retrouver les aventures de Daphné et du Duc de Hastings.

Après une saison en tant que débutante, Daphné désespère de faire un mariage d’amour comme sa mère et ne sait plus comment éconduire Nigel Berbrooke, prétendant ô combien encombrant. Il faut dire que les fiancés potentiels ne se bousculent pas à la porte de Bridgerton House. Aussi, lorsqu’elle croise dans un couloir, le Duc de Hastings, fidèle ami de son frère ainé Anthony, alors qu’elle tente de se défaire poliment du fameux Nigel, il germe dans leur esprit l’idée d’un pacte. En effet, Simon Basset, fraîchement revenu à Londres après de nombreuses années à voyager et nouvellement promu au rang de Duc de Hastings, est la proie favorite des mères de jeunes filles à marier qui voient en lui LE gendre idéal pour leur progéniture. Or, Simon n’a absolument aucune intention de se marier. Daphné représente donc pour lui une alliée de poids. Étant la soeur de son meilleur ami, il n’a aucunement l’intention de la courtiser, car même s’il n’est pas insensible à son charme, il ne souhaite pas mettre à mal son amitié avec Anthony Bridgerton. Voilà une pseudo idylle qui ne peut que faire les choux gras de Lady Whistledown, chroniqueuse mondaine dont les publications s’arrachent dès leur sortie de presse. La suite, si tu as regardé la série, tu la connais déjà et si tu n’as pas vu l’une ni lu l’autre, je me garderais bien de te la divulgâcher.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Daphné, son romantisme et à sa détermination à croire, en cette Angleterre des débuts de XIXème siècle, qu’un mariage d’amour est possible dans la haute société. Au fil des pages, on voit la jeune fille prendre de l’assurance, défendre bec et ongles celui qu’elle aime et aller jusqu’à se mettre en danger pour sauver ses convictions. Ayant grandi au milieu de trois grands frères, Anthony, Benedict et Colin, elle a dû apprendre à s’émanciper et n’a rien d’une petite chose fragile. Elle manie plutôt bien l’art de la joute verbale, a un direct du droit redoutable et sait pertinemment défendre ses intérêts quand elle a une idée en tête. Toutefois, la fin ne justifie pas tous les moyens et j’ai été particulièrement choquée par l’une des scènes de sa vie d’épouse.

J’ai aussi trouvé touchant le personnage de Simon. Malgré le fait qu’il soit devenu un homme charmant et accompli, il se débat encore avec ses blessures d’enfance. Maltraité par un père qui ne voyait en lui qu’une erreur de la nature venant ternir sa haute lignée, il n’a pas dû ménager ses efforts pour se défaire de son bégaiement. C’est l’accompagnement bienveilllant de proches amies de sa mère et du personnel de maison qui ont fait de lui l’homme que l’on découvre. Toutefois, son père, pourtant mort depuis des années, est omniprésent dans chacun de ses choix et de ses pensées. Le souvenir de ses mots d’une violence extrème le hante et l’empêchent de se projeter dans une potentielle vie de famille alors qu’il est une grande douceur avec les cadets de la famille Bridgerton.

Ce premier tome, contrairement à la série, garde une focale très serrée sur la romance entre Daphné et Simon. J’ai regretté que certains personnages ne soient pas plus largement développés. Peut-être le seront-ils davantage dans d’autres tomes, avant que je n’arrive à celui qui leur est consacré ?

Anthony

Résumé

Les Bridgerton sont stupéfaits : le vicomte Anthony souhaite se marier ! Et il sait ce qu’il veut : une femme dont il ne risque pas de tomber amoureux, car l’amour est secondaire dans un couple. Edwina Sheffield est la reine de la saison, elle fera donc une parfaite épouse. Sauf que la demoiselle a une soeur dont l’influence est considérable. Or Kate Sheffield oppose son veto. Un débauché comme Anthony n’est pas un parti convenable pour Edwina. Le jeune homme est outré. Lui, le célibataire le plus convoité de Londres, indésirable ? Pour qui donc se prend cette péronnelle, qui ne connaît rien à la vie, pour oser le critiquer ? Il va lui prouver qu’il est irrésistible !

Mon avis

On avait découvert Anthony dans le premier tome en grand frère hyper protecteur prêt à tout pour sauver l’honneur de sa soeur, quitte à y laisser son amitié avec Simon Basset, Duc de Hastings, qui a longtemps été son compagnon de débauche. Ce dernier s’étant rangé et Anthony voyant la trentaine s’approcher, il décide, en ce début d’année 1814 que le temps est venu de se marier. Il jette donc son dévolu Edwina Sheffield, la reine de la saison, dont la beauté n’a d’égale que la détermination de sa soeur de mettre des bâtons dans les roues d’Anthony, et dont il est sûr de ne pas tomber amoureux.

On découvre au fil des pages de ce second tome Anthony sous un jour nouveau. En effet, il ne s’est jamais vraiment remis de la mort précoce des hommes de sa famille. Son père, est décédé lorsqu’il avait 18 ans suite à un choc anaphylactique lui laissant les rênes de la famille et la responsabilité de 6 frères et soeurs et d’un bébé à naître. Convaincu qu’il ne saurait avoir une vie plus longue de celle de son père auquel il voue une admiration sans borne, il veut bien se marier mais il ne veut pas tomber amoureux pour ne pas faire subir à son épouse le chagrin que sa mère a pu traverser à la mort de son père.

Tout irait pour le mieux, s’il n’y avait pas Kate, la soeur d’Edwina, de trois ans son aînée, elle fait son entrée dans le monde en même temps que sa cadette et s’est jurée de protéger sa réputation et de l’aider à trouver le meilleur des maris pour elle. Pour cette dernière, le peu de vertu et les nombreuses conquêtes d’Anthony sont rédhibitoires. Il ne peut devenir son beau-frère et elle ne se prive pas à chacune de leur rencontre de lui faire savoir à quel point elle désapprouve la cour qu’il entend mener auprès de sa soeur. Toutefois, l’assurance dont elle fait preuve se fissure lorsque l’on découvre son histoire douloureuse et les angoisses qu’elle génère.

Entre Kate et Anthony, l’atmosphère est électrique. Ils ne peuvent se croiser sans se lancer des vacheries à la tête, mais ils ne sont pas indifférents l’un à l’autre. Il y a beaucoup d’humour dans ce deuxième tome. Les passes d’armes entre les deux protagonistes et leur jeu du chat et de la souris est assez drôle. Newton, le chien de Kate nous régale aussi de quelques scènes cocasses. On y retrouve aussi avec plaisir Daphné et Hastings lors d’une partie de Pall Mall où tous les coups sont permis et où l’on découvre toute l’étendue des talents de mauvais joueurs des Bridgerton.

En même temps que l’on découvre les souvenirs d’Anthony avec son père Edmund, on en apprend aussi plus sur Violet Bridgerton, la maman de cette joyeuse tribu qui pour l’époque apparait comme très moderne. On avait appris dans le premier tome qu’elle avait connu un véritable mariage d’amour. On mesure dans ce second tome l’amour profond qu’elle voue à ses enfants, n’en déplaisent aux convenances qui voudraient reléguer l’éducation des enfants aux domestiques ou qu’une mère s’efface devant un fils devenu vicomte à la mort de son père.

Voilà donc de nouvelles aventures que je n’ai pu m’empêcher de dévorer. À la stupéfaction de la wanderlustfrangine La chronique des Bridgerton n’a pas tenu plus d’une semaine entre son entrée dans ma pile à lire et la lecture de la dernière page. Je n’ai maintenant qu’un seul problème, les tomes suivants ne sont plus disponibles et la réédition des tomes 3 et 4 n’est annoncée que pour le 17 mars… Patience !!!

En attendant, vous pouvez toujours aller découvrir les chroniques des autres blogueurs qui en parlent : Maven litterae consacre deux chroniques à ce recueil. À Iivre ouvert, Livresque78, Petite étoile livresque et Laure liseuse hyperfertile mettent à l’honneur cette réédition. Les blablas de tachan nous propose de découvrir son avis sur la saga complète.

Et vous, vous l’avez lu ? Il vous fait envie ?

À bientôt 😉

13 Comments on “La chronique des Bridgerton, tome 1 et 2 de Julia Quinn”

  1. Je me tâtais à acheter les livres, tu m’as convaincu! Par contre, j’imagine très bien la scène qui t’a choqué. Personnellement, je comprends complètement son acte. Elle ne connait rien aux choses de l’amour et est persuadée qu’il est stérile. En fait, il joue de son ignorance. Découvrant la vérité, elle lui rend la monnaie de sa pièce et s’accomplit en tant de femme, maîtresse de son corps.
    Et puis, elle fait 50kg toute mouillée, il aurait pu la dégager 😉.

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : C’est lundi que lisez-vous ? #37 | my wanderlust family

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