Portrait de voyageurs #5 : Voyage et volontariat avec Estelle du blog JustL en vadrouille

Après Mélanie qui voyageait seule, Magali qui avait choisi un temps l’expatriation, K. avec qui je partage ma passion des voyages et de la lecture, et Milène du blog Les voyages de Kiki et Sounette, je te propose dans cet article de découvrir un nouveau blog dans le cadre de ce cinquième numéro de portraits de voyageurs.

J’ai découvert le compte et le blog d’Estelle sur le groupe des voyageuses solo de Mélanie sur FB et je dois dire que son parcours a soulevé chez moi une grande admiration et des tas d’interrogations auxquelles elle a gentiment accepté de répondre.

Bonjour Estelle et bienvenue sur My wanderlust family. Pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore, pourrais-tu te présenter ?

Donc, je m’appelle Estelle, j’ai 40 ans et depuis janvier 2018, je suis voyageuse volontaire. Ce qui veut dire que je voyage en faisant des volontariats à travers le monde. J’ai commencé ce mode de vie avec mon compagnon de l’époque et en août 2019, nous nous sommes séparés et j’ai décidé de continuer ce mode de voyage seule. Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur la page de présentation de mon blog ou d’aller voir ma vidéo sur YouTube.

Pour toi, le voyage est fortement lié au volontariat et à l’humanitaire, qu’est-ce qui t’a conduite à faire ce choix ?

Alors, je voudrais faire une précision tout de suite. Beaucoup de gens associe le volontariat à humanitaire. Au risque de te décevoir, je ne fais pas dans l’humanitaire, je fais des volontariats dans des petites structures, familles, restaurants, hôtels, hostels, etc. Je dois avouer que je n’ai pas confiance dans les organismes humanitaires ou les ONG. Je ne sais pas si vous avez entendu parler du volontourisme, mais malheureusement ce genre de structure va souvent de pair avec ce mode de voyage. Je vous détaille la différence dans mon article sur le volontariat, mais j’ai aussi fait une vidéoconférence avec ABM Genève où je parle plus en détail de mes volontariats, vous pouvez trouver la vidéo sur ma chaîne YouTube.

Comment choisis-tu tes destinations ?

Je voyage majoritairement en bus et donc, je descends les continents et je vais aux endroits où je reçois une réponse positive. Je postule par le site Workaway et quand je ne trouve rien, j’y vais au culot et je propose mon aide à l’endroit où je suis. En fait, je dirais que la seule chose que je choisis, c’est le pays de destination, et encore, je suis ma descente du continent, lol. J’aime me laisser surprendre par la vie et ça me permet aussi souvent de découvrir des endroits qui ne sont pas du tout touristiques .

De toutes tes expériences de volontariat, quel est celle qui t’a le plus marquée ?

Je pense que celle qui m’a le plus marqué pour le moment, est mon expérience en Indonésie. Nous étions engagés comme professeurs d’anglais dans une petite école sur l’île de Jakarta, à Kebumen pour être précise. Cette ville n’est absolument pas touristique et il arrivait régulièrement que nous soyons arrêtés dans la rue pour être pris en photo. Un jour, nous étions invités dans une école et devions faire un speech sur l’importance d’apprendre l’anglais. À notre arrivée, nous avons été accueillis par des centaines d’étudiants en folie. J’ai pu ressentir ce que vive les stars quand elles montent sur scène, c’était de la folie. Vous pouvez voir la vidéo sur ma chaîne YouTube

Sur ton blog tu parles de plusieurs formes de volontariat en voyage, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Oui, il y a le volontariat et ce qu’on appelle le volontourisme, comme je disais un peu plus tôt. Ce que je définis comme volontariats, c’est aider des gens (famille, restaurant, hôtel, etc) en échange d’un logement, parfois de la nourriture et de temps en temps d’un petit salaire. Ce que j’appelle volontourisme, c’est payer un organisme, ONG ou autre, pour aller dans des pays « pauvres » ou touchés par des crises dans l’espoir de s’ « acheter une conscience ». Rien de péjoratif dans l’idée, mais par contre ; d’abord, je n’adhère pas au principe de payer pour travailler et ensuite, je n’aime pas le fait de créer un business autour de ça. De plus, de nombreuses arnaques existent autour de ce genre d’action. Internet est rempli de témoignage et de plainte contre des organismes qui ont retiré les enfants de leur famille pour remplir des orphelinats afin d’avoir du travail pour leurs « volontaires » et malheureusement, ce ne sont pas des cas isolé. Je vous invite à faire vos propres recherches sur le volontourisme, vous pourriez être assez choqué. De plus, ce genre d’organisme ne se préoccupe absolument pas du bien-être de la population locale, mais joue sur ce qu’on appelle le « syndrome du sauveur blanc ». Ce syndrome touche de nombreux touristes et voyageurs, moi en premier. Si vous avez voyagé dans des pays dits « pauvres », vous avez dû aussi le ressentir, c’est ce malaise de se sentir privilégié par rapport à des populations qui n’ont pas toutes les facilités que nous avons en Europe ou dans les pays « riches ». Personnellement, j’aimerais faire des actions pour les gens, pour la planète et pour tellement de choses qui me font mal au cœur ou me retourne l’estomac. Pour le moment, ma seule action est de respecter tous les êtres humains et de partager ma nourriture quand je croise quelqu’un qui a faim. Je refuse de donner de l’argent parce que je ne sais pas ce que les gens pourraient en faire (drogue, alcool, jeu, etc.).  

As-tu rencontré sur ta route des familles qui s’étaient lancées dans des projets de voyage avec volontariat ?

Pour être honnête, je n’ai jamais rencontré de familles qui faisaient des volontariats, mais des familles qui ont pris une année sabbatique pour voyager, il y en a des tas. Personnellement, j’aimerais avoir un jour des enfants, et si ça arrive, je n’ai pas l’intention de changer mon mode de vie, d’abord, parce que ça me permet d’acquérir de nouvelles compétences, mais surtout parce que ça me permet d’être en contact avec la population locale et que je trouve important de rencontrer d’autres manières de vivre et de penser. Je pense que c’est l’un des meilleurs apprentissages de la vie et ça permet de cultiver la tolérance.

La crise sanitaire a-t-elle modifié ta façon de voyager ?

Un peu, mais pas énormément, je suis restée bloqué 7 mois au Belize et je suis obligée de passer un test COVID à chaque fois que je passe une frontière. C’est d’ailleurs pour cette raison, entre autres, que je pense me poser quelque part pour un an maximum. En espérant que toute cette folie soit passée.

Comment en es-tu venue à l’idée de créer un blog ?

Quand nous avons quitté la Belgique, j’ai commencé un groupe Facebook pour que nos proches puissent suivre notre parcours. Ça m’amusait d’écrire. Après un mois de voyage, nous avons décidé de prolonger notre périple. À la base, nous voulions parcourir l’Amérique Latine en 6 mois et nous installer quelque part. Du coup, je me suis dit qu’on allait avoir besoin d’une rentrée d’argent et que ce serait un bon moyen tout en continuant à voyager. Comme tu le sais, ce n’est pas comme ça que ça marche et il faut du temps pour se faire connaître. De plus, dans le « premier jet » de mon blog, nous travaillions ensemble avec mon compagnon. Quand je l’ai quitté, j’ai tout recommencé depuis le début et j’ai commencé à suivre une ligne directrice autour du volontariat.

Quels conseils donnerais-tu à nos lecteurs qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure du volontariat ?

Les seuls conseils que je puisse donner, c’est de ne pas se dévaloriser, certains hôtes estiment que comme ils donnent du travail, ils peuvent se permettre de traiter les gens comme de la m…. ou faire des horaires de fous. En décembre de l’année passée, j’ai postulé pour un volontariat, ils me proposaient 8 heures par jour, 6 jours par semaine en échange d’une tente. Pour moi, ce n’est pas équitable, personnellement, je ne fais pas plus de 5 heures par jour, 5 jours par semaine, d’abord parce que j’ai d’autres activités, mon blog et la photo et ensuite parce que volontaire n’est pas synonyme d’esclave.

Où peut-on te retrouver sur les réseaux sociaux ?

On peut me trouver sur Instagram , j’ai un ancien compte Facebook qui court toujours avec le même nom mais je ne l’alimente plus depuis quelques mois. Je me détache fort des réseaux sociaux, je trouve ce concept de plus en plus nocif, mais ça, c’est mon avis personnel. 😉 Sinon, j’ai aussi une chaine YouTube où je poste des vidéos explicatives de temps en temps.

La dernière question est toujours une carte blanche. Alors c’est à toi, quelle question aurais-tu aimé que l’on te pose et quelle serait ta réponse ?
Pourquoi as-tu décidé de tout quitté sans te retourner ?

Je ne me suis jamais senti à ma place en Belgique et mon voyage à Madagascar en 2010 m’a confirmé que je n’étais pas faite pour ce monde qui pour moi n’a pas de cœur. Voyager dans des pays « pauvres » m’a permis de me rendre compte que les vraies valeurs ne s’achètent pas. Que la générosité et le respect ce n’est pas une question de statut ou de compte en banque. Pour moi, la société occidentale a perdu la notion du cœur. Vivre avec le minimum, sourire aux gens, aller à la rencontre d’autres façon de penser et de vivre, c’est ça mon vrai bonheur. Pour moi, en Belgique, les gens ont peur tout le temps et quand je vois ce qui se passe en ces temps de COVID, ça me confirme ma pensée. Ce que j’ai constaté, c’est que les gens ne vivent pas vraiment, si vous les écoutez parler, ils vous diront qu’ils profiteront de la vie quand ils seront à la retraite, quand les enfants auront quitté la maison, etc…. Ils attendent toujours quelque chose. Je ne dis pas qu’il faut tout quitter comme moi, mais bien qu’il faut vivre parce qu’on ne peut jamais savoir quand on va mourir. Je préfère vivre avec des remords qu’avec des regrets. Je pense que le décès de ma maman en 2005 et d’avoir survécu à un gros accident de voiture m’ont fait réaliser que la vie peut s’arrêter en 1 seconde quel que soit l’âge ou la condition. Mon adage ; « Suis ton coeur, pas tes peurs ».

Quel joli mot de la fin ! Merci encore à toi Estelle d’avoir partagé avec nous ton expérience.

À bientôt 😉

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :